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HOMME FORT
Depuis la mort de Lansana Conté, la situation est encore incertaine en Guinée. L’ancien dirigeant du pays n’avait pas clairement préparé sa succession, et personne ne sait exactement quel est l’avenir du pays.
Pourtant, on parle maintenant du capitaine Moussa Dadis Camara comme du nouvel homme fort du pays. Il dirige la junte qui a pris le pouvoir, il a pris la parole en public et a été acclamé, il a énuméré un certain nombre de priorités politiques pour le pays. Il s’est autorisé à parler comme quelqu’un qui assure le pouvoir.
Dire que c’est le nouvel homme fort du pays, c’est donc d’abord une façon plutôt habile de parler de lui. On ne saurait lui donner de titre officiel, il n’en a pas. Mais en même temps, il s’efforce de prendre une place qui, pour l’instant, n’est occupée par personne d’autre.
Pourtant, cette expression « homme fort », on l’emploie bien souvent dans des circonstances plus tranchées, lorsqu’on sait bien qui commande. Oublions un instant l’exemple de la Guinée. Le plus souvent, l’homme fort, c’est celui qui a le pouvoir, c’est le chef. Mais l’expression est fréquemment utilisée pour renforcer l’idée qu’on a affaire à un pouvoir ferme, à une main de fer, à une autorité non partagée, non contrôlée, à l’évidence peu démocratique. On est davantage dans le despotisme que dans la démocratie.
Dans quel cas entend-on cette expression ? Parfois pour désigner celui qui dirige un groupe, un parti, une tendance, parfois même un mouvement mutin : l’homme fort de la rébellion, de la révolte, de la sécession. Et cette façon de dire intervient en général pour pointer un pouvoir qui ne s’autorise que de lui-même.
L’homme fort n’est pas fort parce qu’il a été élu, parce qu’il remplit une fonction officielle, parce qu’on lui a confié un mandat. Simplement, il s’est fait reconnaître comme chef. Il y a donc du chef de bande là-dedans. Et quand la formule s’applique à un chef d’État, c’est le plus souvent qu’on souligne en passant qu’il possède un pouvoir de fait plus qu’un pouvoir de droit.
Pourtant, il n’y a pas forcément de jugement de valeur dans cet emploi, mais il arrive fréquemment que la formule se rencontre quand il y a eu un changement de régime. Plus cliché encore que l’homme fort, on parle du nouvel homme fort, et l’expression s’emploie presque systématiquement après un coup d’État. En même temps, il sous-entend qu’un homme fort succède à un autre, qu’un pouvoir fort prend la suite d’un autre pouvoir fort.
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
Depuis la mort de Lansana Conté, la situation est encore incertaine en Guinée. L’ancien dirigeant du pays n’avait pas clairement préparé sa succession, et personne ne sait exactement quel est l’avenir du pays.
Pourtant, on parle maintenant du capitaine Moussa Dadis Camara comme du nouvel homme fort du pays. Il dirige la junte qui a pris le pouvoir, il a pris la parole en public et a été acclamé, il a énuméré un certain nombre de priorités politiques pour le pays. Il s’est autorisé à parler comme quelqu’un qui assure le pouvoir.
Dire que c’est le nouvel homme fort du pays, c’est donc d’abord une façon plutôt habile de parler de lui. On ne saurait lui donner de titre officiel, il n’en a pas. Mais en même temps, il s’efforce de prendre une place qui, pour l’instant, n’est occupée par personne d’autre.
Pourtant, cette expression « homme fort », on l’emploie bien souvent dans des circonstances plus tranchées, lorsqu’on sait bien qui commande. Oublions un instant l’exemple de la Guinée. Le plus souvent, l’homme fort, c’est celui qui a le pouvoir, c’est le chef. Mais l’expression est fréquemment utilisée pour renforcer l’idée qu’on a affaire à un pouvoir ferme, à une main de fer, à une autorité non partagée, non contrôlée, à l’évidence peu démocratique. On est davantage dans le despotisme que dans la démocratie.
Dans quel cas entend-on cette expression ? Parfois pour désigner celui qui dirige un groupe, un parti, une tendance, parfois même un mouvement mutin : l’homme fort de la rébellion, de la révolte, de la sécession. Et cette façon de dire intervient en général pour pointer un pouvoir qui ne s’autorise que de lui-même.
L’homme fort n’est pas fort parce qu’il a été élu, parce qu’il remplit une fonction officielle, parce qu’on lui a confié un mandat. Simplement, il s’est fait reconnaître comme chef. Il y a donc du chef de bande là-dedans. Et quand la formule s’applique à un chef d’État, c’est le plus souvent qu’on souligne en passant qu’il possède un pouvoir de fait plus qu’un pouvoir de droit.
Pourtant, il n’y a pas forcément de jugement de valeur dans cet emploi, mais il arrive fréquemment que la formule se rencontre quand il y a eu un changement de régime. Plus cliché encore que l’homme fort, on parle du nouvel homme fort, et l’expression s’emploie presque systématiquement après un coup d’État. En même temps, il sous-entend qu’un homme fort succède à un autre, qu’un pouvoir fort prend la suite d’un autre pouvoir fort.
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
Yvan Amar
Article publié le 29/12/2008
RFI
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